Est-ce que je manque de bienveillance dans ma vie ?

On m’interroge souvent au sujet de la bienveillance.

C’est un mot pourtant peu utilisé dans la société, dans les conversations; tout le monde, je crois, en a besoin et en même temps peu de gens sont en contact avec cette qualité.
De l’autre coté nous avons l’agressivité qui est, chez l’espèce humaine, particulièrement exacerbée dans certains contextes : en période électorale, sur les réseaux sociaux ou dans les embouteillages, toutes les situations anxiogènes ont tendance à la stimuler.

Tantôt agressés, tantôt agressifs, si nous décidions d’inverser le processus et d’opter, dans les moments de stress comme dans le quotidien, pour la bienveillance ?

La bienveillance dans son rapport à l’autre :

La bienveillance consiste en une attitude empathique et indulgente qui recherche le bonheur d’autrui.

Empathique parce qu’elle tend à comprendre et à recevoir les sentiments et émotions de l’autre, indulgente car cette compréhension se fait sans jugement, sans condamnation.

L’autre est issu d’une histoire, d’une éducation, d’une origine et d’un statut qui lui sont propres et qui l’amènent à penser, agir et réagir d’une façon qui est la sienne.

Il possède sa propre échelle de valeurs, ses difficultés, ses échecs et ses réussites qui l’ont façonné et amené jusqu’à nous. Il a ses forces et ses faiblesses, il est humain.

Lindulgence consiste à prendre en compte ces données sans se comporter en « maître d’école », ou en « juge », sans attribuer de mauvais points mais au contraire à témoigner d’une attitude attentionnée à l’égard de l’autre.

La bienveillance envers soi-même :

Comment ne pas juger les autres si l’on se juge soi-même ?

Il est important, pour pouvoir en faire profiter ceux qui nous entourent, que nous reconnaissions en premier lieu nos propres imperfections sans les condamner, que nous nous acceptions comme un être en voie d’amélioration.

Ainsi serons-nous en mesure, puisque nous nous assumons en tant qu’être faillibles, d’accepter les autres avec leurs faiblesses, leur erreurs, leurs faux pas.

J’aime dire que « l’acceptation est la porte de la bienveillance »

Nous pourrons alors raisonner ainsi : 

Si l’on m’accepte avec mes défauts, pourquoi n’accepterais-je pas mes défauts ?

Si je m’accepte avec mes défauts, pourquoi n’accepterais-je pas les autres avec leurs défauts ?

Les occasions de faire preuve de bienveillance dans tous les contextes de la vie ne manquent pas. Parfois, il peut pourtant paraître difficile de la distribuer lorsqu’on ne l’a pas reçue en quantité suffisante.

Il me semble pertinent de mettre régulièrement son attention sur ce que j’appelle la zone du cœur, au centre de nous-même, au niveau de la poitrine – c’est là que l’on ressent la bienveillance.

Cette prise de conscience corporelle nous permet de ne pas rester seulement dans notre mental, mais nous permet d’avoir accès à nos véritables sensations et à notre vécu de ce sentiment.

La Gestalt-thérapie nous propose de prendre conscience de ce qui se passe pour nous, d’accepter ce qui est là et d’amorcer un processus de changement si cela est nécessaire.

Je pense que c’est important de prendre soin de notre cœur, pour nous et pour les autres personnes de notre vie.

 

Arnaud SEBAL

Showing 2 comments
  • Myriam
    Répondre

    Bonjour, Je voulais partager mon vécu. Je suis stagiaire à l’IFAS, J’ai vécu une expérience intéressante lors de ma dernière formation.
    J’étais mal en arrivant le samedi matin. En saluant les autres participants, quand on m’a demandé comment j’allais, j’ai répondu à chaque fois « je ne vais pas bien ». La journée s’est écoulée et à aucun moment une personne n’est venue vers moi pour échanger ou me proposer un café. (peut-être que mon attitude n’invitait pas au dialogue)
    Je suis rentrée chez moi , triste et aussi en colère. Et puis j’ai constaté une chose fabuleuse, moi l’ancienne boulimique qui se ruait sur la nourriture à la moindre émotion, ce soir là avec ma tristesse et ma colère je n’avais pas de crise de boulimie, j’avais même oublié de diner. J’ai retrouvé le sourire, je me suis sentie bien, cette expérience qui me semblait dure m’a fait réaliser comme j’étais bien dans ma peau à présent.
    Après tout je ne suis pas le centre du monde et les autres avaient peut être leurs soucis, leurs préoccupations, ils avaient peu-être pas répondu à mes attentes, mais ce n’était pas dramatique du tout puisque j’avais réalisé que j’étais guéri de la boulimie et surtout J’ai pu m’exprimer le lendemain matin et la formation s’est magnifiquement terminée.
    Myriam

  • Hubert
    Répondre

    Bonjour Arnaud

    Cette bienveillance et acceptation je la mets en lien avec une phrase qui m’a beaucoup fait réfléchir ces dernières semaines, particulièrement avec ce flot de « haine  » que j’ai ressenti pendant la campagne électorale. Entendre tous ces jugements rapides et solutions faciles face à des problèmes compliqués, c’est cette phrase de Jung qui dit « c’est parce qu’il est difficile de réfléchir que les gens jugent ».

    Cordialement.

    Hubert

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