Comment Vivez-vous vos Émotions ? (partie 4/4)

Le rôle du Gestalt thérapeute dans la régulation émotionnelle

“Pour apprendre à réguler ses émotions, il ne faut pas chercher à les contrôler mais il faut les conscientiser, les accueillir”

Je trouve cette phrase très parlante. 

Elle met en lumière une erreur que nous faisons tous lorsque l’on se sent submergé (e) par une émotion forte : essayer de la contrôler à tout prix.

Il y a aussi ici une deuxième idée : c’est qu’il est difficile de faire ce travail seul(e). 

Il faut idéalement être accompagné(e). 

Le Gestalt thérapeute est un professionnel qui pose le cadre pour non seulement aider son client à accueillir ses émotions, mais aussi pour lui apprendre à les conscientiser. 

Nous allons voir précisément comment le Gestalt thérapeute éclaire son client dans le ressenti de ses émotions. 

Je vous partage le protocole de notre école que tout Gestalt-thérapeute formé(e) par nos soins applique à la lettre pour aider ses clients. 

Je vous laisse vous inspirer de notre travail pour mieux l’utiliser sur vos clients si vous êtes thérapeute, ou pour mieux gérer vous-même vos propres émotions ou celles de vos proches.

Je vous invite à lire cet article palpitant qui vient clôturer notre belle série sur les émotions. 

Comment le Gestalt thérapeute éclaire-t-il son client dans le ressenti de ses émotions ?

Le but du Gestalt thérapeute est d’aider la personne qu’il accompagne à briller. 

Pour cela, il va appliquer des notions puissantes sur son client lorsque celui-ci ressent des émotions en séance. 

L’objectif du Gestalt thérapeute est que son client conscientise et métabolise pleinement ses émotions.

Lorsque la personne qu’il accompagne exprime par exemple de la tristesse, il va l’aider à l’accueillir et à la ressentir.

Il va mettre des mots exacts sur chacune des émotions ressenties afin que son client puisse mieux comprendre leurs subtiles nuances. 

Je vous invite d’ailleurs à lire mon premier article sur les émotions où je les décris de manière très précise. 

La respiration : un outil magnifique qui aide à se réguler 

Le Gestalt thérapeute va apprendre à son client comment il faut respirer pour accueillir ses émotions. 

D’ailleurs, c’est la première chose qu’il fait lui-même quand il a un client qui exprime une émotion forte.

Cette technique peut d’ailleurs vous servir même si vous n’êtes pas thérapeute et que vous ne savez pas comment gérer les émotions de votre interlocuteur lors d’une conversation qui s’enflamme. 

Imaginez maintenant que vous avez une personne en thérapie qui se met à pleurer parce qu’elle a vécu un épisode douloureux dans sa vie. 

En respirant, vous allez vous apaiser et être complètement à l’aise. 

Vous allez accueillir pleinement l’émotion de votre client. Vous n’avez pas peur d’être choqué(e), gêné(e), de ne pas savoir comment agir avec celle-ci.

Vous allez l’accompagner pour qu’il ne se sente pas seul face à ses émotions et pour qu’il puisse les comprendre.

Nous apprenons à nos élèves à intégrer ces concepts dans une formation complémentaire :  la relation thérapeutique (réservée aux élèves de notre école à partir de leur deuxième année). 

Cela leur sert tous les jours dans leur vie de thérapeute, mais également dans leur vie privée.

Maintenant, je vous invite à vous plonger dans un cas d’étude concret pour mieux comprendre le travail du Gestalt thérapeute.

Comment le Gestalt thérapeute aide son client à gérer ses émotions pour qu’il puisse prendre son envol

Le thérapeute va parfois exprimer ses émotions dans un but bien précis : il va s’en servir comme outil thérapeutique.

C’est une spécificité de la Gestalt que l’on ne retrouve nulle part ailleurs de cette manière. 

Par contre, cela dans l’intérêt élevé de la personne, pour qu’il prenne son envol. C’est un aspect de notre code de déontologie.

Cette règle d’or est essentielle. 

Je vous en donne un exemple concret :

J’ai récemment animé un stage sur la spiritualité.

Pendant une journée, j’ai fait des séances de thérapie pour que les élèves voient la vérité sur ce que j’enseigne. 

Durant un échange, une personne du groupe m’explique être préoccupée par un sujet, au point qu’elle se sent vraiment mal. 

Elle affirme ne pas pouvoir en parler dans le groupe parce que cela est trop long à expliquer. 

Elle ajoute une nouvelle fois que cette situation qu’elle a vécu est très difficile à vivre pour elle.

J’écoute cette personne qui prend la parole, qui veut manifestement que je l’aide, mais qui me dit que ça serait trop long à expliquer. 

En fait, cette personne est en train de créer ce qu’on appelle une rationalisation.

Derrière cette rationalisation, l’émotion qui était présente était la peur.

La peur de ne pas être comprise par les autres et d’être jugée.

J’exprime à mon tour mon émotion, mon ressenti : 

“Je peux tout à fait entendre que tu ne veuilles pas dévoiler ce qui t’es arrivé. Mais ce que j’ai envie de te dire, c’est que lorsque tu dis que tu ne peux pas en dire plus, cela à tendance à nous questionner davantage”. 

 

L’art de nommer ce qu’il se passe

On pourrait se dire:  

“mais qu’est-ce qui se passe de si grave pour cette personne pour qu’elle ne puisse pas en parler ? ”

Dans mon rôle de thérapeute, je respecte le fait qu’elle ne puisse pas en dire plus, mais je nomme ce qu’il se passe.

Dans sa manière d’interagir avec moi, cela m’a amené à un questionnement qui n’était pas présent au début :

“Il se passe quoi pour cette personne, pour qu’elle ait si peur de partager ce qui lui arrive ? “

J’ai dit à cette personne : 

“Tu vois là, moi je pourrais ressentir une certaine curiosité.

Quelle est cette information que tu ne veux pas nous donner ? 

Mais je ne vais pas agir sur cette curiosité. 

Je vais la réguler. Et je ne vais donc pas t’inviter à en dire plus. »

En tant que thérapeute, ce que l’on dit doit être vraiment sincère.

J’ai été sincère en disant que quelque part je renonçais à ma curiosité. 

J’étais dans un lâcher prise authentique qui lui a finalement donné de la confiance pour raconter son histoire. 

Mon but n’était pas de vouloir absolument connaître son histoire pour satisfaire ma curiosité.

Mon but était de lui faire comprendre qu’elle pouvait se sentir entendue et que sa limite était respectée.

On a travaillé sur son problème et elle a été ravie de voir qu’elle avait été respectée dans ses émotions, dans ses résistances et dans sa peur. 

Dans l’intérêt du client, je vais nommer la curiosité, l’inquiétude. 

Je le fais parce que cela va l’aider dans son processus.

Les étapes émotionnelles qu’utilise le Gestalt thérapeute pour tisser une relation de confiance avec son client

Lors d’une séance, le Gestalt thérapeute va passer par plusieurs étapes émotionnelles.

Tout d’abord, il va ressentir la séance dans sa tête et avoir des sensations.

Il va ensuite accepter ce qui se passe, accepter toutes ses émotions. 

Il va respirer calmement pour se connecter au moment présent.

Il va comprendre et ensuite s’ajuster en mettant du sens sur ce qu’il se passe.

L’approche du thérapeute est une approche relationnelle, humaniste faite autour de l’attachement. 

Il va mettre en lumière le lien, la relation qu’il a avec son client d’une façon régulée, ajustée et sincère. 

Par exemple, il va pouvoir dire à son client :

“je suis content qu’on se retrouve”

“je suis content qu’on ait cette séance aujourd’hui”

Quand on est heureux de voir la personne, c’est très intéressant de lui en faire part de manière régulée, ajustée tout en restant dans la posture du thérapeute.

C’est un exemple dont je voulais vous faire part que je trouve très important.

Cette bienveillance va permettre de tisser une relation de confiance entre le thérapeute et son client. 

Envie d’aller plus loin ?

Pour récapituler cet article, je vous ai noté ici les étapes clés que le Gestalt thérapeute suit précisément pour accompagner son client dans ses émotions. 

(Vous pouvez aussi utiliser ce protocole sur vous-même)

Etape 1 : conscientiser les ressentis

Tout d’abord, lorsque l’émotion est là, il faut la ressentir, prendre conscience qu’elle existe et qu’elle est bien présente. 

Etape 2 : accepter les émotions

Ensuite, arrive l’étape de l’acceptation.

J’accepte cette émotion, même si elle paraît négative comme la colère ou la tristesse.

J’accepte cette émotion qui est en moi, qui fait parti de moi et qui me parle.

Etape 3 : respirer pour réguler

La troisième étape est de respirer.

La respiration est un outil puissant pour se réguler.  

Etape 4 et 5 : comprendre et ajuster

C’est grâce à la respiration que je vais pouvoir comprendre mon émotion. 

Je m’ajuste en mettant du sens, en nommant ce qu’il passe en moi. 

Ces étapes peuvent être utilisées en tant que thérapeute, mais aussi dans votre vie de tous les jours. 

Avec mon équipe de formateurs, nous vous apprenons à expérimenter plus en profondeur le processus de transformation pour réguler et accepter vos émotions et celles de vos clients si vous souhaitez parfaire la relation thérapeutique.

Dans notre école, vous apprenez à être dans la posture du client et ensuite dans la posture du praticien. 

Cet exercice est très fort et va faire appel à la régulation affective. 

Vous allez vivre en vous des ajustements extraordinaires au niveau de vos circuits neurologiques.  

Vous allez développer ainsi de nouvelles compétences. 

Vous allez créer enfin une saine alchimie au niveau de vos émotions.

Je vous invite à lire et à relire sur notre blog nos articles pour vous aider à comprendre le processus des émotions. 

Si vous avez envie d’aller plus loin dans votre compréhension des émotions grâce à nos stages, je vous recommande de prendre rendez-vous avec un de nos conseillers pédagogiques.

Ils sont à votre écoute et vous guideront dans vos objectifs de vie ou de formation pour devenir Gestalt Thérapeute. 

Nous recevons quotidiennement des retours positifs sur ces appels. Certaines personnes nous témoignent d’un changement de vie ou de carrière suite à leur rendez-vous avec un de nos conseillers. 

Alors pourquoi pas vous ?

Showing 2 comments
  • Bruno
    Répondre

    J’adore cet article. Il apporte une dimension plus thérapeutique par rapport à ceux que j’ai lu avant au sujet des émotions. Continuez à nous nourrir avec du contenu de qualité, c’est rare de lire un blog aussi précis et agréable à lire. PS : Bravo pour les photos, je les trouve très parlante !

  • HONORINE
    Répondre

    Bonjour effectivement le concepte de conscientiser son émotion, l’accepter et répondre à son besoin me parle beaucoup. Il fut un temps où j’étais couper de mes émotions du fait
    d’un état inconscient que j’avais crée dans mon enfance et renforcé à l’adolescence, ma formation de gestalt praticien m’a permis de commencer à régler ce problème après pas mal de stage de formation et de pratique, je suis plus en contacte avec mes émotions.
    Le confinement, juste après un déménagement m’a permis de mieux faire le point sur moi
    et voir qu’est ce qui était essentiel pour moi, continuer à exercer et passer mon diplôme de thérapeute ou m’occuper que de moi car il y a encore du travail. Merci à l’ IFAS pour m’avoir permis cette renaissance.
    Gilbert

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