6 conseils pour clarifier votre posture de Gestalt thérapeute

L' importance de la posture dans la relation thérapeutique.

En tant que thérapeute, votre posture va être fondamentale dans votre  accompagnement avec vos clients.

Pour certains, le métier de thérapeute s’arrête simplement au fait de donner des conseils, un peu comme si vous étiez dans un café avec un ami et que vous lui partagiez vos plus intimes secrets. 

Ce n’est bien-sur pas du tout cela. Etre thérapeute est bien plus.

Ce qui est certain c’est qu’une envie d’aider l’autre est au cœur du métier de Gestalt thérapeute

Peut-être avez-vous traversé une grande période de souffrance dans votre vie qui vous a amené à faire un profond travail sur vous-même et ainsi développer une envie d’aider les autres ?

En Gestalt, vous expérimentez la méthode par vous-même. 

Pour la partager à ceux qui en ont le plus besoin, il est important de se l’approprier, de la conscientiser. 

Mais pour être un bon Gestalt thérapeute, la personne que vous êtes va aussi jouer un grand rôle dans votre accompagnement thérapeutique : votre personnalité, votre façon de gérer vos émotions et la posture que vous allez prendre.

A partir du moment où vous voulez aider l’autre dans la bienveillance et le non-jugement, cette posture va vous sembler être naturelle. 

Pourtant, il arrive parfois qu’en tant que thérapeute vous quittiez cette posture pour diverses raisons. 

Cela peut même aller jusqu’à blesser vos clients et ce malgré vos bonnes intentions.

La posture du thérapeute est donc un sujet très important dans notre école.

Si vous êtes thérapeute ou élève dans notre école, ou si vous vous intéressez à ce sujet en particulier, cet article va vous amener un bon nombre de réponses.

Je vous donne 6 conseils issus de mes 25 années d’expérience qui vont vous aider à garder votre posture de Gestalt thérapeute avec vos clients et ce, quelque soit les difficultés que vous pouvez rencontrer.

La posture : la clé d’une relation authentique ?

Il arrive parfois qu’en tant que thérapeute, on puisse se laisser avoir par soi-même et se retrouver en dehors de la posture du thérapeute. 

C’est pourquoi la question de la posture est un sujet auquel nous prêtons une attention particulière dans notre école humaniste. 

Cette posture est vraiment clé.

Pourquoi ? 

En tant que Gestalt thérapeute, vous allez chercher le contact avec votre client pour aller plus loin dans la relation et développer ce que j’appelle “une relation authentique”. 

Vous allez être à la recherche du lien. 

Vous allez inclure les émotions, la recherche de sens, le corps et les pensées de votre client dans votre travail thérapeutique.

Vous allez ainsi agir sur son état intérieur de manière douce et puissante. 

Afin de garder cette posture humaniste de la Gestalt dans vos accompagnements, je vous révèle ci-dessous mes 6 conseils.

1. Faites la différence entre “être citoyen” et “être thérapeute”

Quand vous êtes citoyen(ne), vous êtes dans votre « rôle » d’homme, de femme.

C’est ici que vous avez vos propres opinions, ici que vous faites vos choix et que vos croyances personnelles vont se manifester. 

C’est vous, dans l’entièreté de votre vie. 

Toute votre position de citoyen(ne) va s’exprimer dans votre vie privée, avec votre famille, vos amis, dans votre couple. 

Quand vous êtes dans la posture du thérapeute, vous vous centrer sur autre chose que sur ce rôle de citoyen(ne) pour y revenir après. 

C’est vraiment différent d’avoir une discussion en tant qu’ami ou en tant que thérapeute. 

Pourquoi ?

Quand vous êtes engagé (e) dans un travail thérapeutique avec un client, vous avancez vers un objectif particulier, vous suivez un cadre de travail. 

Dans ce travail, la posture et l’attitude que vous allez avoir vont avoir un rôle capital dans la qualité du lien que vous êtes en train de créer avec votre client. 

Vos idées en tant que citoyen, comme par exemple « vos opinions politiques », « votre religion », ne sont pas le sujet et vous n’avez pas chercher à convaincre vos clients de vous rejoindre et d’être d’accord avec vous.

D’ailleurs, je confie souvent à mes élèves

“Tout commence par la posture et tout se termine par la posture.”

La posture thérapeutique est une position d’écoute et de respect.

2. Faites la différence entre “un discours” et “un dialogue thérapeutique“

Avec vos amis et votre famille, vous avez des discussions. 

Vous pouvez discuter avec eux de toutes les questions d’actualité.

Quand vous êtes dans votre rôle de thérapeute, vous ne discutez pas, vous êtes dans un dialogue thérapeutique.

Vous n’allez pas « discuter » avec vos clients sur ce qui se passe dans la société.

Vous n’allez pas avoir une discussion comme au café et exprimer tout ce que vous pensez.

Votre but, votre intention dans la séance pour laquelle vous êtes d’ailleurs payé (e), c’est d’écouter soigneusement votre client en utilisant une palette de dialogues thérapeutiques. 

C’est une posture qui est complètement différente des discussions qu’on peut avoir dans la vie.

Avant de commencer la séance, vous allez vous préparer à accueillir votre client, vous allez vous recentrer sur vous et vous remettre dans votre verticalité.

Vous allez essayer de mettre de la clarté et poser des questions sur le contenu que va vous dire votre client. 

Vous allez lui donner une grande qualité d’écoute pour qu’il se sente accueilli, privilégié, protégé en toute confidentialité. 

On peut aller beaucoup plus loin dans le dialogue avec un thérapeute plutôt qu’un ami. « 

3. Pourquoi et comment le thérapeute choisit ses interventions

Quand vous êtes dans votre rôle d’homme ou de femme, vous pouvez dire ce qu’il vous passe par la tête. 

En revanche, quand vous êtes dans la posture du thérapeute, vous choisissez précisément vos interventions. 

Vous allez choisir ce que vous allez dire. 

Vous allez être au service de l’intérêt élevé de votre client.

Chacune de vos interventions doit servir à aider votre client et non pour parler des faits de la société. 

Il se peut que vous puissiez vous retrouver à parler de faits de la société, mais vous n’allez certainement pas dire la même chose que si vous parliez avec des amis.

Par exemple, demandez-vous : 

“Est-ce que ce que je dis va aider mon client ?”

“Est-ce que c’est dans son intérêt élevé que j’aille là ou pas ?”

4. Choisissez toujours une posture dans l’intérêt élevé de votre client

Quand vous êtes dans un dialogue amical, familial, professionnel, vous allez en général chercher l’égalité.

A moins d’avoir un égo sur-dimensionné, vous allez vous positionner au même niveau que votre interlocuteur. 

Chacun d’entre vous va essayer d’avoir sa place et va exprimer ce qu’il pense dans l’égalité.

Quand vous êtes thérapeute, vous n’êtes pas dans cette égalité parce que votre client vous paye. 

Vous êtes là pour lui, tout simplement. 

Vous n’êtes pas là pour vous servir, vous défouler, pour régler vos propres problèmes. 

En amitié vous êtes là pour vous, alors qu’en tant que thérapeute, vous êtes là pour votre client.

Vous n’êtes plus dans l’égalité, mais votre posture est entièrement dévouée à votre client. 

5. L’importance du regard du thérapeute vers son client

Ce que vous pensez en ce moment, quand vous êtes dans votre vie sociale, est très important. 

Mais quand vous êtes dans votre rôle de thérapeute, c’est le regard que vous allez avoir sur votre client qui est très important. 

Vous allez mettre de l’intensité et de la bienveillance dans ce regard. 

Vous allez observer minutieusement le langage corporel de votre client, vous allez regarder comment il vit ses émotions pendant les séances et comment il est dans son self.

Votre regard de thérapeute va être aussi bien focalisé sur votre client mais également sur vos propres ressentis, vos propres émotions

Toutefois, retenez bien que dans l’approche thérapeutique, votre regard n’est pas tourné sur ce que vous pensez.

6. Vers une posture plus juste : ne parlez pas de votre vie privée

Quand vous êtes dans votre rôle de thérapeute, notre vie privée vous regarde.

Le thérapeute ne parle jamais de sa propre histoire (son enfance), de ses propres parents.

Votre client n’est pas là pour avoir accès à votre vie privée. 

Si vous avez envie de partager quelque chose de votre expérience, faites-le uniquement dans l’intérêt élevé du client

Ne le faites pas parce que cela vous fait du bien de parler de vous. 

Rangez votre égo dans un tiroir. 

Ouvrez-vous uniquement dans l’intérêt de votre client. 

Vous pouvez par exemple lui partager une expérience et lui raconter comment vous en avez tiré une leçon pour que lui-même puisse avancer. 

Imaginez que vous avez un superviseur qui est avec vous dans la pièce et qui vous demande :

“Tiens là, pourquoi tu as fait cette intervention ?”

”Pourquoi as-tu raconté cette anecdote ? “

Vous devriez être capable de lui expliquer que vous avez raconté cette anecdote personnelle pour illustrer quelque chose. 

Si vous désirez avoir une posture plus juste, retenez donc ceci : ce que vous allez partager de votre vie se fait avec l’intention de le partager dans l’intérêt unique de votre client. lopeme

Trouvez un bel équilibre entre empathie et distance

La posture du thérapeute va permettre au client de mieux vivre sa propre expérience. 

Quand vous êtes dans une posture juste, ne vous laissez pas piéger par les faits de société, par les polémiques. 

Ce n’est pas le sujet de donner votre avis si un client vous parle d’un fait de société. 

Si vous rentrez dans les polémiques, vous quittez votre posture de thérapeute et vous n’êtes plus là pour votre client, vous êtes là pour vous et vous allez vite rentrer dans quelque chose lié à l’égo. 

Chacun va vouloir avoir raison et cela risque de créer des tensions dans la relation avec vos clients. 

On peut tout à fait accompagner un client qui n’a pas les même avis que vous, cela va même vous arriver souvent.

Si vous sentez que vous êtes un peu activé(e) par un sujet qui est fort pour vous émotionnellement, voici une règle d’or qui est essentielle :

Prenez de la distance.

Pour cela, imaginez que vous êtes dans votre fauteuil, reculez-vous et prenez cette distance.

Demandez-vous où vous en êtes dans votre posture.

Cette étape va beaucoup vous aider si vous vous sentez activé (e).

Rappelez-vous :

Veiller sur les autres, c’est aussi veiller sur vous.

Je vous invite à nous laisser un commentaire sur notre blog pour me partager vos ressentis ou vos questions à la lecture de cet article.

Si vous êtes thérapeute ou élève dans notre école et que vous avez envie d’aller plus loin dans l’accompagnement de vos clients, voici le lien pour consulter le contenu de nos formations complémentaires.  

Nous abordons le sujet de la posture avec plus de détails et des exercices de pratique dans certaines formations sur la relation thérapeutique. 

Showing 14 comments
  • Camille Gerome
    Répondre

    Bonjour Mr Sebal,

    Merci !
    Merci pour cet article !
    Il arrive au bon moment, comme souvent en gestalt, comme souvent dans votre école. Je suis en train de vivre une prise de conscience incroyable autour de la posture justement.

    Sur le dernière weekend (je suis en troisième année), j’ai vécu, observé et savouré une belle posture sereine, présente et active dans mon écoute et ma présence à mon client. J’étais à la réunion de beaucoup de chose apprise et intégrée depuis deux ans. Je le savoure encore aujourd’hui. J’expérimente également cette présence à l’autre dans mon travail et j’observe comme cela compte.

    Cela me donne confiance en moi et en ma capacité à devenir un bon thérapeute.
    Alors merci et bravo pour le processus, en effet, il faut lui faire confiance.

    Je me projette avec bonheur dans le prochain séminaire.
    En suivant vos conseils, je me remercie de me faire ce cadeau de ce tremplin qu’est votre école.

    Avec toute ma reconnaissance et ma respectueuse sympathie,

    Camille

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Merci Camille pour retour. « faites confiance au processus » est la phrase préférée de nos élèves !

  • Catherine Boudet
    Répondre

    Bonjour Arnaud,
    Tout d’abord merci pour cet article. Je trouve effectivement très important de ne pas rentrer dans un discours polémique avec nos clients et de conserver notre posture PBC. En tant que praticien ou thérapeute nous n’avons ni à nous dévoiler ni à convaincre mais à garder en tête l’intérêt élevé du client.
    Le covid et les restrictions qui nous sont imposées nous activent et activent les personnes que nous recevons, un peu, parfois beaucoup. J’ai noté que faire ce pas de côté pour rester dans sa posture thérapeutique nous permet de garder notre rôle « d’observateur »…

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Bonjour Catherine, entièrement d’accord avec vous ! Merci pour votre chaleureux retour.

  • Dumez
    Répondre

    C est tjrs aussi plaisant et riche de lire et relire ces conseils avec toujours plus de profondeur. C est tellement intéressant de pouvoir se dire intérieurement, oui j ai déjà vécu cela. De regarder comment aujourd hui, je peux y percevoir une sensation, un ressenti nouveau que je pourrais à nouveau assimiler pour être d avantage au plus près de l intérêt de mon client
    Gratitude c est tjrs génial de lire ces articles du blog

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Merci Jacqueline, mous avons beaucoup de retours positifs sur nos articles de blog. Ca nous motive grandement à les écrire avec toujours plus de passion !

  • BERDAGUE Françoise
    Répondre

    Bonjour Arnaud,
    Merci pour cet article qui tombe très bien pour moi, en tant que Gestalt praticienne.
    Trouver cette juste distance entre client et thérapeute n’est pas toujours facile, et de toute façon à chaque séance, je vis quelque chose de différent avec mes clients. Je garde toujours comme objectif »l’intérêt élevé du client »et j’observe comment il perçoit mon intervention pour voir si j’ai à me réajuster. C’est là où je trouve très important les séances de supervision.
    Je remercie nos formateurs de nous en proposer.

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Bonjour Françoise, vous avez raison : les séances de supervision sont clés. C’est pourquoi nous mettons l’accent dans les cycles supérieurs de l’école pour former des thérapeutes qui comprennent parfaitement ce qu’est « l’intérêt élevé du client »

  • Tommy muller
    Répondre

    Bonsoir Arnaud,

    J’ai vraiment savouré cette article très éclairant!
    Ayant expérimenté pour la première fois ce week end le practi cum, il semble qu’il soit tombé a point nommé pour aider à intégrer plus simplement quelques points.
    En vous lisant, la posture parait plus évidente a acquérir en respectant ces quelques conseils simples pour nous meme et pour nos futurs clients.

    Belle leçon! grand MERCI pour le partage

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Merci Tommy pour votre retour positif sur cet article.

  • Virginie
    Répondre

    Bonjour
    Je suis en 2eme année et j ai tout juste commencé les practicums.
    Cet article résonne beaucoup, rester dans une posture de thérapeute dans la justesse, n est pas toujours aisé.
    Il est nécessaire de rester dans le cœur pour ne pas laisser de place à l égo.
    Tout un apprentissage

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Merci Virginie pour votre retour très touchant. Nous vous souhaitons une excellente deuxième année parmi nous !

  • Carole
    Répondre

    Bonjour Arnaud
    merci pour ce partage qui me parait en effet essentiel et peut être le plus difficile à gérer, ne pas se laisser submerger par ses propres émotions à l’énoncé de l’histoire du client et prendre la distance nécessaire pour être là uniquement dans l’intérêt du client.
    Actuellement en deuxième année, premier practicom lors du dernier week end bouleversée par l’histoire de ma cliente je n’ai pu retenir mes larmes, son histoire parlant de la mienne….
    J’ai hâte d’avancer dans la formation pour trouver cette juste place pour le bien être de mes futurs clients.
    Merci encore pour ce partage

    • Aurelie pour l'Ecole Humaniste de Gestalt
      Répondre

      Merci Carole pour votre retour sur cet article. Nous nous sommes dit qu’il allait plaire particulièrement aux élèves de deuxième année ;D

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