Comment le Gestalt-Thérapeute aide à être plus heureux ?

Un motif de consultation très répandu en thérapie

“J’ai besoin de me faire aider. Je ne suis pas heureux(se) dans ma vie”

J’ai beaucoup entendu cette phrase dans ma carrière de thérapeute. 

Elle revient très souvent en thérapie.

C’est un des plus grand motifs de consultation en Gestalt. 

C’est un sujet que j’ai beaucoup exploré, travaillé.

Le bonheur est-il possible ? 

Est-ce pertinent de chercher à être heureux ? 

La Gestalt traditionnelle peut répondre à certains aspects de ces questions.

Je vous propose de découvrir ce nouvel article qui va vous dévoiler mes propres recherches et découvertes sur le sujet. 

Je vais vous partager des nouveaux concepts qui sont issus de mes années de pratique en Gestalt thérapie.

Il s’agit d’un article d’un niveau avancé. Il s’adresse spécifiquement aux thérapeutes, praticiens ou élèves de notre école

Je vous invite aussi à le lire aussi si vous vous intéressez de près à ce grand sujet de la quête du bonheur dans une optique de développement personnel.

Je décris des situations de clients qui viennent en thérapie parce qu’ils ne sont pas heureux et peut-être que certains exemples vont faire écho avec votre vie. 

Les concepts du bonheur en Gestalt thérapie

Dans l’accompagnement Gestalt, le bonheur est une question complexe. 

Ce n’est pas un sujet qui est simple. Il mérite vraiment d’être creusé avec beaucoup d’attention. 

Dans notre école, on le traite avec beaucoup de sérieux, de considération.

Il y a parfois un mouvement dans le développement personnel qui pourrait montrer que c’est facile d’être heureux alors que ce n’est pas toujours si évident par rapport aux différentes étapes de la vie. 

Le bonheur est un sujet sérieux qui mérite d’y consacrer du temps, de l’énergie, de l’attention.

Autour de ça, il y a deux questions qui paraissent primordiales : 

“Quel sens donner à la recherche du bonheur ?” 

Le bonheur est-il possible ? 

1. Aider votre client à définir clairement ce qu’est le bonheur 

Le bonheur est propre à chacun.

Nous en avons tous une conception particulière.

Au temps de Freud, le bonheur c’était surtout d’avoir un métier, une femme ou un mari.

De nos jours, on peut avoir une idée du bonheur dans le fait de tout avoir : une famille, une belle maison, un métier prenant et intéressant, de l’argent…

Vous vous rendez compte en voyageant que les autres cultures ont des conceptions complètement différentes du bonheur. 

Par exemple, la Thaïlande que l’on nomme le pays du sourire, est réputée pour avoir des gens heureux. 

Pourtant, on va vivre en Thaïlande dans des conditions de vie qu’en Europe on aurait sans doute du mal à accepter au quotidien. 

La notion du bonheur n’est écrite nulle part. 

C’est à chacun de définir ce qu’est le bonheur pour lui. 

En Gestalt, pour  aider votre client à bien répondre à la question du bonheur, vous pouvez vous aider de l’outil de la page blanche et lui poser les questions suivantes : 

“Si vous vous posez la question pour la première fois dans l’ici et maintenant : 

Qu’est-ce que c’est vraiment le bonheur pour vous ?

Prenez quelques minutes. Prêtez-vous à cet exercice. 

Vous allez être surpris(e) de voir que vos réponses vont évoluer, elles vont s’ajuster à vos expériences, à votre vécu. »

2. Pourquoi vos conceptions de la vie ont un impact sur vos clients

Chacun (e) d’entre nous a ses propres conceptions sur la vie, sur la réussite, sur le couple, sur la sexualité, sur le travail.

Pour toutes ces raisons, en tant que thérapeute ou futur thérapeute, il faut que vous preniez conscience de vos propres conceptions en tant qu’humain et en tant que thérapeute.

Chacune d’entre elles est liée à votre vécu, à votre histoire, à vos angoisses, à votre anxiété. 

C’est très important de vous demander quelle place vous voulez leur donner par rapport à vos clients. 

Comment vos conceptions vont-elles se projeter dans le travail thérapeutique ? 

Ce que vous allez dire, ce que vous allez penser ?

Elles ne vont pas forcément être les mêmes que celles de vos clients, mais elles vont avoir un impact sur eux.

En tant que thérapeute, vous devez faire un gros travail pour clarifier vos conceptions. 

Comment voyez-vous les choses ?

Les définir est une sorte de pré-requis indispensable que peu de gens font. 

Dans notre école, nous attachons beaucoup d’importance au fait de conscientiser nos propres conceptions et de voir comment cela va-t’-il agir dans le travail thérapeutique. 

3. Pourquoi les croyances (en psychologie) empêchent-elles d’être heureux(se)?

Quand des personnes ont un avis très tranché, très virulent, très agressif sur un sujet, toutes les informations qui pourraient aller à l’encontre de leur point de vue vont être critiquées avec beaucoup de violence. 

Les personnes qui réagissent comme cela sont piégées dans leurs propres croyances. 

Elles sont complètement figées, rigides. 

Quand une croyance est fluide, quand la personne est ouvert (e), elle n’a pas besoin de défendre sa croyance avec de l’agressivité, de la colère.

Par conséquent, dès qu’on a besoin de convaincre l’autre, c’est toujours à questionner.

Dans le travail thérapeutique, vous allez beaucoup regarder quelles sont les croyances de vos clients, s’ils ont des croyances figées, voire obsolètes.

L’idée d’un système de croyance est très peu ouverte au changement. 

Quand vous êtes dans les croyances, vous n’êtes pas dans la Gestalt qui est ouverte au mouvement.

4. Déterminer quelles sont vos propres limites pour accompagner au mieux vos clients

calme

Pour connaître vos limites en tant que thérapeute, vous devez faire un travail d’interrogation personnelle.

Par exemple, quand un client vous parle de son bonheur, interrogez-vous : 

“A quel moment ai-je inconsciemment cessé de croire à son rêve du bonheur ? “

Vos limites vont jouer un rôle dans votre travail thérapeutique avec vos clients. 

Elles vont avoir un impact dans leur accompagnement. 

Votre manière d’accompagner vos clients va être reliée à vos propres limites :

Si vous pensez que le bonheur n’est pas stable, vous n’allez même pas l’envisager pour votre client. 

Vous n’allez pas l’accompagner dans cette idée qu’il soit plus heureux. 

Vous allez plafonner cette idée. 

Si vous pensez que le bonheur se mérite et qu’il faut être quelqu’un de bien pour être heureux, cela va ressortir dans votre travail thérapeutique et ce malgré vous. 

Pour ne pas les projeter sur ces derniers, il faut apprendre à les reconnaître : 

“Tiens là, je suis dans une croyance personnelle”. 

Quand vous prenez conscience de vos propres limites, vous n’allez pas être dans la toute puissance et votre accompagnement va être optimal. 

Demandez-vous : 

“Quelles sont mes propres limites sur le bonheur ?”

5. Réajustez vos croyances si vous en avez besoin

Ce qui est formidable dans l’idée de la Gestalt, c’est que vous avez le droit de changer d’avis. 

Cela enlève énormément de culpabilité. 

“J’avais un a priori et je pensais que ce n’était pas possible”. 

C’est important de comprendre que dans certains moments de la vie, vous allez ajuster vos  croyances. 

Accompagner vos clients va vous faire réfléchir et va vous faire questionner. 

Si vous avez cette croyance que le bonheur est possible, vous allez mettre tout en œuvre pour aider vos clients à découvrir comment être heureux.

Dans notre école, nous sommes dans cette posture afin de réajuster nos croyances et nos besoins. 

6. Vous êtes naturellement en avance sur vos clients

Les personnes que vous accompagnez, vous ne pourrez les accompagner que si vous êtes en avance sur eux. 

Sur le chemin, vous devez être devant, même si ce n’est pas énormément loin devant.

Dans notre formation de Gestalt thérapeute, vous avez appris à régler des choses sur vous-même. 

Vous êtes en avance sur les choses que vous avez réglées et sur vos croyances. 

Vous allez attirer à vous des personnes que vous pouvez aider. 

Vous n’avez pas besoin d’avoir tout réglé et d’être en haut de la montagne pour aider les autres.

Vous devez juste avoir un seul chapitre d’avance et continuer à aider les autres sinon vos clients risquent de vous rattraper 🙂

J’imagine que cela vous soulage d’entendre ça, n’est ce pas?

Pourquoi mon client n’est-il pas heureux ?

Quand les problèmes prennent trop de place

C’est très important de vous poser cette question. 

C’est une question ouverte qui va vous ouvrir des espaces de réflexion.

Nous avons tous une capacité à encaisser une quantité émotionnelle et intellectuelle de problèmes. 

Sauf que quand votre client a trop de choses à régler, ça va être complexe pour lui d’être heureux (se). 

Nous sommes tous extrêmement sollicité(e)s dans le fait de régler nos problèmes : des challenges, des relations compliquées, des stresseurs…

Votre client est certainement accaparé par ces problèmes qui sont difficiles pour lui à gérer.

Regardez cette photo ci-dessus.

Ce canard est en train de nager tranquillement dans les eaux limpides de Venise. 

Avant le confinement, l’image d’une Venise polluée avec des canaux sales était communément admise. 

Tout le monde pensait que c’était définitif. 

Après le premier confinement, il y a eu moins de bateaux qui ont circulé dans Venise. 

La nature a pu reprendre ses droits. Elle a pris le temps de se régénérer.

On voit sur cette photo de l’eau claire, on distingue de la clarté.

C’est la même image dans la vie de votre client : 

Quand ce dernier est inondé de problèmes, c’est difficile pour lui d’en voir la clarté.

Le potentiel pour que Venise retrouve sa clarté est pourtant bien là. 

Il y a eu des actions qui ont permis à Venise de retrouver des eaux immaculées.

Quand votre client a trop de problèmes en tête, c’est naturel, il va être focalisé dessus. 

Il va passer la majeure partie de son temps à essayer de les régler. 

Il va s’épuiser jusqu’à peut-être penser que la vie n’est pas faite pour être heureux (se), mais pour régler incessamment tous ses problèmes.

Nous allons voir maintenant les stratégies qui vont vous aider à y voir plus clair dans la compréhension de votre client.

Première stratégie : comprendre le processus du problème 

La première stratégie est de comprendre pourquoi votre client vient vous voir et quel est son problème. 

Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui cause ce problème ? 

Si c’est une relation qui se passe mal, pourquoi elle se passe mal ?

Comment votre client collabore-t-il avec ce problème ? 

Qu’est-ce qu’il met en place ? 

Qu’est-ce qu’il dit, qu’est-ce qu’il ne dit pas ?

Vous n’allez pas vous précipiter à résoudre le problème.

Vous allez tout d’abord comprendre le processus autour de cela. 

Deuxième stratégie : on va résoudre le problème avec la Gestalt

Vous allez aider votre client à résoudre ses problèmes avec tous les outils que vous avez appris dans votre formation de Gestalt, y compris dans les formations plus poussées que j’enseigne. 

Il y en a beaucoup d’outils et ils sont très puissants. 

Vous n’allez pas régler les problèmes de votre client avec des recettes de développement personnel toutes faites, mais de manière Gestaltiste.

C’est très important. 

Troisième stratégie : aider son client à s’ajuster pour qu’il ne reproduise pas son problème

Le problème va revenir, il va recommencer. 

Ce qui va être important c’est d’amener votre client à faire des modifications de son comportement.

J’ai eu une très belle séance aujourd’hui avec une personne qui a des difficultés dans une relation familiale. 

On a vu ensemble comment elle allait se positionner différemment, dire les choses différemment, communiquer autrement. 

Vous n’allez pas être uniquement dans l’ajustement, mais vous allez aider votre client avec toute votre approche pour qu’au fur et à mesure, il ne s’enferme pas dans une reproduction habituelle de son problème.

Quatrième stratégie : aider votre client à trouver une place juste vis-à-vis de ses problèmes

Cette approche est tellement Gestaltiste et spécifique à notre école. 

Vous allez aider votre client à voir l’environnement autrement, à avoir une place juste et à se positionner par rapport à ses problèmes.

Des problèmes, il y en aura toujours. 

Vous allez l’aider à faire en sorte qu’ils ne prennent pas toute la place pour qu’il puisse faire un changement.  

Vous apprenez tout cela dans la formation et vous allez l’appliquer ou vous l’appliquez déjà avec vos clients.

C’est un travail qui est vraiment très profond.

Le jardin du bonheur se cultive

Pour accompagner au mieux un client qui n’est pas heureux, un Gestalt thérapeute doit s’ouvrir et doit vraiment avoir cette idée que les choses sont possibles. 

Je vous invite à prendre cette magnifique croyance que le bonheur est possible pour toutes les personnes que vous allez accompagner plus tard.

J’ai aidé tellement de personnes à se sentir mieux parce que j’ai vu l’être derrière ses problèmes, j’ai vu ce que la personne pouvait devenir et j’ai agi pour que cela devienne réalité.

Même si elle y contribue, la résolution des problèmes ne suffit pas à rendre heureux (se).

J’ai constaté dans mon travail de toutes ces années, qu’il fallait rajouter quelques ingrédients en plus pour que le bonheur ait plus de saveur : 

  • Le jardin du bonheur se cultive

Quand les problèmes prennent trop de place, cela veut dire que votre client est trop focalisé dessus et qu’il ne laisse pas la chance à son eau de devenir plus pure. 

Plus son eau est pure, plus ses fleurs vont s’épanouir. Tout est en lien.

  • Tout mettre en œuvre pour aider votre client à développer sa capacité à être heureux

C’est important. Il faut le faire avec bienveillance. Vous êtes co-créateur de sa réussite.

  • L’appréciation

C’est central pour cultiver le bonheur et avoir des fleurs dans son jardin.

On peut passer une vie entière sans être dans l’appréciation.

Nous sommes tout à fait libre de changer ce qui se passe dans votre cerveau, et cela passe par l’appréciation.

Il faut prendre le temps de regarder tous les arcs en ciel présents dans notre vie et de les apprécier. 

Rappelez-vous : 

Veiller sur les autres, c’est aussi veiller sur vous.

Je vous invite à nous laisser un commentaire sur notre blog pour me partager vos ressentis ou vos questions à la lecture de cet article. 

Si vous êtes thérapeute ou élève de notre école et que vous avez envie d’aller plus loin dans l’accompagnement de vos clients, voici le lien pour consulter le contenu de notre formation complémentaire sur la relation thérapeutique. 

Showing 5 comments
  • Melynda
    Répondre

    Je crois que l’eau peut etre bleue et transparente même si parfois elle est trouble ..

  • sandrine
    Répondre

    Magnifique texte, qui illustre à merveille la relation thérapeutique. Le besoin de clarté revient, à différentes reprises dans la vie, et c’est important de savoir comment faire avec ça. Merci Arnaud !

  • christelle
    Répondre

    Je crois personnellement que le bonheur est possible. Et tout le monde a le potentiel pour être heureux. C’est notre nature profonde. Je suis très en accord avec l’idée qu’aider son client à être plus heureux ce serait l’aider à faire face à ses problèmes avec un esprit paisible. J’aime l’idée de mettre les problèmes à leur juste place. Guider le client à ressentir qu’il est bien plus grand que tout ce qui le dérange. Les difficultés sont là et nous avons tous les ressources pour les aborder.
    Accompagner son client ce serait donc l’aider à augmenter ses ressources tout en comprenant la véritable nature de ses problèmes ? Merci pour l’article très inspirant.

  • Aline
    Répondre

    Que ce soit pour nous même ou pour nos futurs clients ou clients, il est important de regarder tous les arcs en ciel dans nos vies. C’est un programme magnifique car il y en a beaucoup.
    cela peut se faire chaque jour… cela nous permet de relativiser les choses en évitant que les problèmes non résolus ne prennent trop de place.

  • Jeanne
    Répondre

    Je ne suis pas thérapeute mais je trouve cet article magnifique et très enrichissant. A travers le regard du thérapeute, j’arrive à mieux sentir ce qu’est vraiment le bonheur et comment l’atteindre. Thérapeute est vraiment un métier d’avenir. On a tellement besoin d’eux en ce moment !

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