Comment Vivez-vous vos Émotions ? (partie 3/4)

Les 5 clés pour réguler rapidement vos émotions

Les émotions font partie intégrante de notre personnalité.

Elles sont les révélateurs de notre identité.

Il est important de reconnaître nos émotions et de les réguler pour éviter une explosion ou implosion émotionnelle pouvant mener jusqu’au burn-out, à la dépression.

Réguler ses émotions est donc capital pour notre bien-être. 

Mais qu’est-ce qu’une émotion régulée ?

Vous allez découvrir dans quelques instants les 5 principaux critères d’une émotion régulée.

L’intensité, premier critère d’une émotion régulée

L’intensité d’une émotion est un sujet très important que la plupart des gens ne comprennent pas.

Une émotion qui est régulée dans le cerveau a une intensité moyenne, c’est à dire qu’elle est ni trop faible, ni trop forte.

Le cerveau humain est tout à fait adapté pour nous permettre de jouer sur l’intensité de nos émotions.

Mais lorsqu’une émotion est trop intense, le cerveau va avoir une saturation des neurones médiateurs et va bloquer notre capacité à être dans le cortex. 

Le cortex cérébral permet au cerveau d’avoir des fonctions élaborées comme le langage, la mémoire, le raisonnement, la conscience, la commande de mouvements volontaires…

Lorsque celui-ci est bloqué, vous allez perdre votre capacité à avoir une réflexion, à avoir accès à votre intelligence et vous pouvez expérimenter alors un phénomène de sidération.

J’ai envie de vous partager une histoire que j’ai vécue dans ma jeune vie d’adulte. 

C’est une expérience que j’ai adorée. 

J’ai compris beaucoup de choses par la suite.

Tout commence lors d’un stage d’équitation. Je suis débutant. 

Je remarque qu’une des monitrices d’équitation a pour habitude de s’égosiller sur les cavaliers. 

Viens mon tour. 

Je suis sur le cheval, elle est ma monitrice.

Manifestement, je ne mets pas les pieds au bon endroit.  

Et je l’entends immédiatement vociférer sur moi.

C’est assez nouveau pour moi, je n’ai pas eu l’habitude de me faire crier dessus.

A ce moment précis, j’ai le sentiment que mes oreilles se ferment rapidement comme une porte.

Plus elle crie, moins j’ai la sensation d’être connecté à mon cerveau. 

Je suis incapable de comprendre ce qu’elle me dit et de faire quoi que ce soit sur mon cheval. 

Je reste sidéré.

Je suis figé.

Je n’arrive pas à réagir.

C’est une expérience si majeure pour moi que je la donne souvent en exemple à mes élèves lors de nos formations

Pourquoi je vous partage cette histoire ?

Une émotion régulée doit avoir une intensité régulée.

Si elle est trop forte, on va perdre notre capacité d’agir. 

Elle va avoir un impact négatif voire inhibant dans notre capacité de réflexion. 

Une émotion non régulée provoque souvent un phénomène de stupéfaction similaire à celui que j’ai ressenti sur mon cheval. 

Une émotion régulée ne doit pas non plus être trop basse. 

Si elle est trop basse, on peut ne pas la sentir par rapport au contexte.

En thérapie, certaines personnes vont nous partager des évènements douloureux sans  avoir d’affect en les racontant. Ils ne vont pas ressentir d’émotions, ou très peu.

L’intensité doit être suffisamment forte pour mobiliser de l’énergie. Si elle n’est pas assez forte, on ne va pas pouvoir agir.

Par exemple, l’indignation que nous procure le mal que l’on peut faire à un enfant doit être assez intense, mais régulé pour que l’on puisse passer à l’action et faire quelque chose de juste. 

L’intensité doit être bonne pour nous permettre de comprendre l’émotion, de la ressentir, d’avoir l’énergie pour nous mettre en action et agir.  

Il existe toutefois un fin équilibre ici : 

Entre l’excès d’émotion et son absence totale, privilégiez un juste milieu pour ressentir pleinement vos émotions et agir en fonction. 

En flirtant avec ces extrêmes, on est justement dans l’incapacité de passer à l’action.

Il existe un autre critère qui travaille en synergie avec l’intensité et que je vais vous dévoiler dans le prochain paragraphe.

La durée, deuxième critère d’une émotion régulée

Il est important de comprendre comme nous l’avons vu dans notre article précédent, qu’une émotion ne doit pas s’inscrire dans la durée.

Certaines personnes sont tout le temps fâchées, tout le temps énervées ou sont tristes toute la journée. 

Ces personnes sont esclaves de leurs émotions.

Une émotion régulée s’inscrit dans une durée. 

Certaines sont plus longues comme la tristesse ou la culpabilité, mais tendent à disparaître au fil du temps.

D’autres comme la colère sont normalement éphémères et ne durent que quelques instants ou une journée. 

Si l’émotion perdure sur le long terme, c’est qu’on ne l’a pas conscientisée.

Lorsqu’une émotion conscientisée nous traverse, elle donne le pouvoir à notre cerveau de l’assimiler pour ensuite passer à autre chose.

La justesse, troisième critère d’une émotion régulée

L’émotion doit être juste, adaptée à la situation.

Par exemple, j’accompagne un proche à la gare et je suis dévasté(e) par son départ. 

Si je me répète que je suis seul(e) au monde et abandonné(e) en amour, cela n’est pas juste.

L’idée de la justesse est très importante. Ce n’est pas qu’une question d’intensité, ça veut dire que quelque chose n’est pas à sa place, un peu comme une fausse note dans une partition de musique. 

Si j’en veux à mon proche parce qu’il part alors qu’il a une bonne raison de partir, et bien ce n’est pas juste non plus.

On va laisser passer la colère et on va la questionner, la revisiter.

“Est-ce que c’est bien juste que je sois en colère ?”

Il a le droit de faire ce qu’il veut, donc cela ne me paraît pas juste.

Peut-être que derrière cette colère, il y a de la tristesse

Très souvent derrière la colère, il y a la tristesse.

En Gestalt, c’est important que cette colère soit juste par rapport à la situation et à l’environnement.

Nous avons tous une palette d’émotions en nous.  

Comment arriver à aiguiser nos sensations, nos ressentis ?

C’est ce que nous allons voir dans le prochain paragraphe.

La subtilité, quatrième critère d’une émotion régulée

Le thérapeute va être présent pour aider la personne à briller, à être plus subtile dans la définition de sa palette d’émotions.

Par exemple, si le thérapeute vous demande comment vous vous sentez, et que vous répondez “bien”, cela ne veut rien dire.

“Comment vous sentez-vous ?”

“Joyeux, heureux, curieux, content d’être là dans l’appréciation, stimulé, curieux, content parce-que je me sens compris”.

Vous voyez, ce n’est pas tout à fait pareil.

La subtilité va interroger toutes les émotions que l’on a vu dans nos précédents articles.

C’est différent de dire “je suis en colère”, ou “je suis contrarié”, ou “je suis un peu irrité”.

Je suis vraiment très en colère parce-que tu n’as pas remis le capuchon du dentifrice”. 

C’est quand même très dysfonctionnel par rapport à une phrase qui sonne ainsi : 

 “je suis un peu irrité quand tu fais cela parce que j’aime bien que le tube de dentifrice soit rebouché, sinon cela sèche”.

La subtilité nous amène naturellement vers le dernier critère essentiel à la régulation émotionnelle : l’action juste.

L’action juste, le cinquième et dernier critère d’une émotion régulée

On a vu que la colère nous permet d’aller au contact, mais est-ce qu’on va le faire de manière juste?

La tristesse permet de demander aux autres de prendre soin de nous. 

Je vous donne ici quelques exemples très parlants d’actions justes lorsque la tristesse est bien régulée : 

Lorsque je ressens de la tristesse, je vais demander du réconfort à mes amis, à mes proches, 

Lorsque je ressens de la tristesse, je vais demander à ma famille d’être là pour moi. 

Voici maintenant un exemple explicite lorsque la tristesse n’est pas ajustée : 

Lorsque je ressens de la tristesse, je me sens terriblement seul(e)  et je raconte ma vie à la première personne que je vois dans la rue. 

La découverte de nos véritables besoins, la clé de la régulation émotionnelle ?

Pour apprendre à réguler ses émotions, il ne faut pas les contrôler mais les conscientiser.

Une émotion régulée doit être d’une intensité moyenne et ne pas s’inscrire dans la durée. 

Elle doit nous traverser, mais pas forcément tout le temps. 

Il faut qu’elle soit juste et adaptée à l’environnement et à la situation.

Il faut être capable d’en voir les subtilités pour pouvoir mettre en place une action qui est juste.

Apprenez à mieux comprendre le ou les besoins qui se cachent derrière chacune de vos émotions. 

Vous arriverez à mieux communiquer avec votre entourage. 

Vous créerez une nouvelle forme de dialogue basée sur la bienveillance et l’empathie.  

On apprend tout cela dans la formation, pour soi-même, et en tant que Gestalt Therapeute. 

Durant chaque cycle de la formation pour devenir Gestalt thérapeute, on suit un processus de transformation bien défini pour apprendre à mieux réguler ses émotions. 

On fait des practicum avec d’autres personnes qui nous écoutent dans un cadre de bienveillance et de non jugement. 

On expérimente d’être dans la posture du client et ensuite dans la posture du praticien. 

Cet exercice va faire appel à la régulation affective. 

Grâce à l’effort que le practicum demande, cela va faire apparaître chez vous des ajustements extraordinaires au niveau des circuits neurologiques.  

Nous avons d’ailleurs fait une très belle vidéo sur les practicums que nous réalisons à l’IFAS, je vous invite à la regarder en cliquant ici. 

Vous allez développer ainsi de nouvelles compétences. 

Vous allez créer enfin une saine alchimie au niveau de vos émotions.

Le practicum est un puissant outil qui permet d’apprendre le métier de Gestalt thérapeute, mais aussi de réguler ses émotions.

Et cette régulation passe inexorablement par un processus d’acceptation de nos émotions qui n’est pas si évident à mettre en oeuvre. 

J’ai toutefois une excellente nouvelle pour vous ! 

Dans mon prochain article sur comment vivre vos émotions, je vous révèlerai les étapes à suivre pour accepter ses émotions.

Si vous avez envie d’aller plus loin dans votre compréhension des émotions grâce à nos stages, je vous invite à prendre rendez-vous avec un de nos conseillers pédagogiques. Ils sont à votre écoute et vous guideront dans vos objectifs de vie ou de formation pour devenir Gestalt Thérapeute. 

Nous recevons quotidiennement des retours positifs sur ces appels. Certaines personnes nous témoignent d’un changement de vie ou de carrière suite à leur rendez-vous avec un de nos conseillers. 

Alors pourquoi pas vous ?

Showing 3 comments
  • Ferrier
    Répondre

    Je suis complètement dans cette situation. Je me sens triste et coupable par rapport à mon fils de 19 ans qui me rejette. Je le comprends et je reconnais avoir fait la même chose avec mon propre père mais il n’empêche…

  • Buisson
    Répondre

    Bonjour Arnaud,
    Un article fort intéressant et passionnant c et fort instructif. Je me retrouve dans ces différentes étapes de sidération, figée …. Je vis avec et cela fait partie de mon histoire.
    Merci beaucoup pour cette compréhension que vous nous apportez.
    Cordialement, Eliane

  • Fabienne METRAL
    Répondre

    Très intéressant.
    Ce qui explique pour moi avoir ressenti ce besoin de régulation.
    Alors mon ressenti, mon intérieur, on discute parfois un bon moment. . .
    Parfois compliqué, parfois évident. . .
    Il y a également, à mon sens une notion d’acceptation pour aller au delà.
    Mais le passage de l’écoute est incontournable.
    Fabienne

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